Coaching Comment les coaches nous aident-ils à prendre les bonnes décisions ?
Les cadres sont de plus en plus autonomes ? C’est vrai. Mais l’exigence de performance est de plus en plus forte, et avec elle le stress et un besoin croissant d’accompagnement personnel et professionnel. Pas étonnant dans ce contexte que le coaching se généralise chez les cadres dirigeants. Mais qu’est-ce qu’un coaching efficace ? Et comment tirer parti de son coach pour prendre les bonnes décisions ? Le monde du sport, précurseur en la matière, apporte aussi de précieux enseignements...
Interview de Jean-Christophe Durieux, président de l’association Coaching & Développement
Jean-Christophe Durieux, qu’appelle-t-on au juste « coaching » ?
Il existe une multitude de définitions. Dans l’univers du sport, le coach (voir encadré) amène le sportif à faire le meilleur usage de toutes ses possibilités. Dans l’entreprise, il fait en sorte que le développement personnel du cadre rejoigne celui de l’entreprise. C’est d’autant plus important aujourd’hui que les entreprises demandent à leurs cadres de gérer le changement, donc d’agir sur des processus et des comportements. Concrètement, le coaching prend la forme d’un accompagnement personnalisé, de trois à six mois en général.
Quels sont les grands apports du coaching pour un cadre d’entreprise ? Le premier apport, c’est le recul. Le coach apporte un autre regard - l’indispensable second opinion dont parlent les anglo-saxons, et sans lequel on ne progresse pas. Seul un coach peut faire prendre conscience à quelqu’un de ses « zones de surdité psychologique », en débusquant des peurs enracinées ou des croyances limitantes qui freinent l’action et résistent au changement. Parce qu’il s’adresse à la fois au corps et au mental, le coaching est également d’une grande aide dans l’affirmation de soi et la communication.
Concrètement, quelles décisions le coaching peut-il-nous aider à prendre ?
Cela dépend des personnalités, bien sûr. Pour une personne bien structurée, le coaching pourra aider à « lâcher prise » - c’est-à-dire accepter de faire certains deuils pour mieux aller de l’avant, ou encore admettre qu’on ne peut pas agir à la place de quelqu’un d’autre. C’est un déclic souvent décisif mais presque impossible sans regard extérieur ! Certaines personnes plus flexibles, à l’inverse, pourront tirer parti du coaching pour mieux s’organiser gérer leur temps et leurs priorités. Au-delà, et quelles que soient les personnalités, le coaching favorise l’autonomie dans l’action et le développement de soi. Prenons un exemple classique : celui d’un cadre qui souhaite réorienter sa carrière. Avant de faire le grand saut, il lui faut valider que le changement est stimulé par de bonnes raisons - en d’autres termes, qu’il correspond à une envie profonde et non à un « ras-le-bol » passager. Dans un deuxième temps, le coach conseille son client pour planifier avec lui un processus de changement. Il l’aide à maintenir le cap et à trouver en lui l’énergie et le courage de mener le projet à son terme.
Quelles sont les clés d’un bon coaching ?
Le plus important est de trouver la bonne distance. Il est important que le coach et son client trouvent une entente, un « fit », mais la relation doit rester strictement professionnelle. Ensuite, le contrat doit être clair entre le salarié, le coach et bien sûr l’entreprise, lorsqu’elle est impliquée. L’accompagnement par le coach doit avoir un début, une fin, et des objectifs clairement précisés dès le départ.
Jean-Christophe Durieux est président-fondateur de l’Association Coaching et Développement et de l’école de l’Energeia Dynamics. Auteur de plusieurs ouvrages de management, il a notamment co-signé avec Fanny Guinochet « Toutes les clés d’un bon coaching » (guides Management, mars 2006).
Le coach sportif, un modèle pour le manager d’aujourd’hui ? « Le coach doit avoir une vision forte, c’est ce qui lui permet de réagir positivement au quotidien. Il sait s’attendre aux obstacles et se préparer à les surmonter ». Cette citation pourrait être celle d’un grand patron. Elle est en réalité de Gérard Houiller, entraîneur de l’Olympique Lyonnais.
Le sport de haut niveau exerce aujourd’hui une attraction très forte sur le monde de l’entreprise. Contexte concurrentiel, recherche de performance maximale, gestion des talents individuels et mobilisation des équipes autour de projets... Les analogies sont, il est vrai, de plus en plus nombreuses ! Et l’on demande de plus en plus souvent aux managers d’agir en véritables coaches de leurs équipes.
Mais au fait, qu’est-ce qui caractérise le grand coach sportif ?
Une forte personnalité, tout d’abord. Mais aussi un souci obsessionnel de la préparation, et la prise en compte de l’aspect mental de la performance, au même titre que la stratégie et la tactique qui les passionnent. Toutes ces qualités sont mises au service d’une véritable « quête de l’excellence », que décrit noblement Gérard Houiller : « c’est accéder, à force de ténacité, aux limites de ce savoir magique qui fait la différence, c’est comprendre qu’on ne réussit rien sans un profond respect des autres, sans un souci de communication réciproque, sans une volonté d’aider chaque personne à réussir. »
Pour aller plus loin, voir l’ouvrage « Comment managent les grands coaches sportifs ? » (Lionel Bellenger, ESF Editeur, nouvelle édition à paraître prochainement)
D’autres articles sur le management :
L’arbitre au cœur de la polémique
Comment développer ses propres leaders ?
publié le 29/09/2006
