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Gilles Baugey - COFACE "Notre ambition est d’obtenir l’habilitation de la Commission Bancaire pour notre système de notation d’entreprises, score @rating"

Filiale de Natexis Banques Populaires, la COFACE s’est spécialisée dans l’assurance-crédit, l’information et la notation d’entreprise, la gestion de créances, l’affacturage et la titrisation. Pour cet établissement, la gestion du poste client est éminemment stratégique. Le point avec Gilles Baugey, Responsable de l’équipe « Sesame » à la Direction Financière.

Decisio : Gilles Baugey, bonjour. La COFACE est actuellement à un tournant important du développement de ses activités...

Gilles Baugey : En effet, la COFACE a engagé une démarche de validation de son score @Rating auprès du Secrétariat Général de la Commission Bancaire. Notre ambition : l’obtention d’une habilitation ECAI (external credit assessment institution) pour notre système de notation d’entreprises françaises, le score @Rating. La COFACE a récemment obtenu une pré-habilitation auprès de cette Commission, qui est l’autorité de tutelle en France dans ce domaine. Pour mieux situer l’enjeu, il faut savoir que les agréments sont actuellement délivrés par un organisme américain (la SEC, Securities and Exchange Commission), et que très peu d’acteurs en bénéficient. La Commission européenne a donc lancé des travaux pour permettre l’émergence d’une certification au niveau européen. C’est dans ce contexte que se situe l’engagement de la COFACE.

Une étape qui vient en quelque sorte couronner tout une démarche ?

Tout à fait, pour obtenir cette pré-habilitation, notre système "@rating" a fait l’objet d’une consultation par le SGCB. Celle-ci a ainsi couronné le travail effectué au service du développement d’un projet décisionnel, conformément aux exigences de Bâle II, dans une approche dite "standard". Avec les nouvelles réglementations prudentielles de gestion du risque applicables aux banques, la nature des risques s’est élargie, au-delà des options d’émission de titres à destination des marchés de capitaux.

Quels ont été les axes majeurs de cette démarche à la COFACE ?

Nous avons voulu perfectionner notre système en industrialisant la construction de nos modèles et l’élaboration des notes synthétiques. En effet, cinq millions d’entreprises françaises sont aujourd’hui analysées par la COFACE. Cette amélioration dans la constitution des scores vise dans un premier temps les PME et les TPE essentiellement, car le taux de défaillance sur les grandes entreprises est en général faible. Pour les grandes entreprises, il nous faut prendre en compte un historique bien plus important, pour disposer des données suffisantes, permettant une modélisation statistique pertinente. Aujourd’hui, nous disposons déjà de dix ans d’historique.

Pouvez-vous en rappeler les principales étapes ?

Le tournant se situe au début des années 1990 avec l’implantation d’un système expert, tant pour faciliter les prises de décision de la COFACE que pour notre activité d’information financière. Mais ce système présentait un manque d’homogénéité rendant complexes les mises à jour, et ne permettait pas une validation statistique. Nous avons donc entrepris l’effort de structuration et d’amélioration du traitement de l’information pour aboutir en 2002 au lancement du score « @rating » (www.cofacerating.fr) pour la notation d’entreprises. Nous sommes ainsi passés d’un système expert de cotation à un processus de traitement industrialisé et automatisé. Ce fut d’ailleurs l’occasion pour nous de mieux structurer nos bases de données.

Cette évolution dans votre système d’évaluation des risques devait donc répondre tant aux besoins d’information de vos clients que pour votre propre activité d’assureur ?

Tout à fait. L’ensemble des données ainsi analysées répond aux demandes d’information de nos différentes cibles externes que sont les banques et les « credit managers », mais également aux besoins internes pour nos activités de gestion de créances et d’assurance crédit. Pour information, la COFACE doit prendre 6000 décisions par jour dans le monde, pour son activité d’assurance crédit !

Quelles compétences ont été mobilisées pour cela ?

Nous avons constitué une équipe réunissant deux types de compétences : des spécialistes de mathématiques financières et des experts en data mining. Formée de dix personnes, cette équipe est rattachée à la direction financière. Son nom reflète d’ailleurs cette association de compétences : SESAME, pour Service Etudes Statistiques Actuarielles, Mathématiques et Econométriques.

A ce jour, comment jugez-vous l’apport des solutions mises en oeuvre ?

Le principal apport de ces solutions réside dans l’homogénéisation des traitements et l’efficacité des calculs. Nous pouvons désormais diminuer le temps de production d’un modèle et donc les coûts associés, et livrer plus rapidement à nos clients une note synthétique du risque associé à un portefeuille considérable d’entreprises. Nous avons en quelque sorte fait d’une pierre deux coups, en automatisant les traitements, augmentant ainsi notre réactivité, tout en bénéficiant des avantages des développements intégrés qui permettent de délivrer aux opérationnels la compréhension de notre système. Parallèlement, la mise en place de ce projet a eu des effets bénéfiques en interne, puisque cela a permis de développer les échanges entre les services Etude et Production. Enfin, la France était pilote sur ce projet qui se développe désormais dans d’autres pays.

COFACE : les chiffres clés
- Fonds propres : 12,2 milliards d'euros
- 4000 collaborateurs dans le monde
- 85 000 clients

SOLUTIONS :


SAS® Data Mining
Pour en savoir plus :
http://www.sas.com/offices/europe/france/software/technologies/datamining/index.html
et :
http://www.sas.com/offices/europe/france/software/technologies/datamining.html

SAS® Text Miner
Pour en savoir plus :
http://www.sas.com/offices/europe/france/software/technologies/textmining.html

publié le 28/10/2004