TCO : Peut-on évaluer le coût total d’une solution décisionnelle ?
Avant de calculer le rendement (ROI) d’une solution décisionnelle, il faut bien en connaître le coût ! A la demande de SAS, Jean-Loup Ardouin, du département Stratégie d’HEC, a dirigé une étude européenne consacrée à ce sujet.
Les résultats de cette enquête, avec la participation de Jack Voileau et Marcel Lemahieu (SAS France), et Cyrille Broilliard (CNAF).
Selon le baromètre CIO-SAS dont les résultats 2006 ont été récemment dévoilés, 54% des DSI disent éprouver des difficultés à estimer le coût total d’un projet décisionnel. Il est vrai que les solutions décisionnelles, transversales par nature, irriguent de plus en plus de fonctions dans l’entreprise. Le calcul et la maîtrise des coûts restent pourtant essentiels à l’heure où l’on demande de plus en plus aux DSI de présenter une justification chiffrée des investissements informatiques.
Le « TCO » appliqué au décisionnel
Le concept de TCO (« Total Cost of Ownership », ou coût total de possession) a été développé par le Gartner Group en 1998. A l’époque, il s’agissait de permettre aux entreprises de mesurer le coût réel de leur parc de micro-ordinateurs. La méthode a depuis été appliquée pour calculer des coûts plus complexes : call centers, entrepôts de données ou encore solutions de CRM. Pour une définition plus globale, on retiendra que le TCO est la somme des coûts directs et indirects liés à l’acquisition, l’utilisation et la maintenance du capital de technologie d’information tout au long de sa durée de vie. Le TCO distingue ainsi les coûts de déploiement initial et les coûts d’utilisation récurrents, incluant la maintenance et l’administration des outils, bien sûr, mais aussi la formation des utilisateurs finaux. Outre son analyse en profondeur de l’activité, l’autre grand apport du TCO est d’apprécier les coûts dans le temps : une dimension essentielle pour évaluer des choix économiques à long terme !
En utilisant cette méthode, le Gartner Group a estimé la ventilation des coûts sur 5 ans d’une solution informatique décisionnelle : 13 % pour le matériel, 19 % pour les logiciels, 29 % de coûts de mise en place et 39 % de coûts de support et d’infrastructure (les deux derniers étant exprimés en jours / hommes). « Le coût du logiciel est l’arbre qui cache la forêt ! commente Jack Voileau, Directeur du développement des Solutions pour les ERP chez SAS France. Dans le temps, le principal enjeu pour les entreprises est de maîtriser les coûts de formation et de support », poursuit-il.
Etude comparative des TCO : une première mondiale
Les chiffres du TCO décisionnel, jusqu’ici théoriques, attendaient encore une validation empirique. Ce manque est désormais comblé, grâce à une étude européenne menée sous la direction de Jean-Loup Ardouin, professeur permanent du département Stratégie d’HEC.
Menée auprès de 109 entreprises, l’étude révèle trois facteurs déterminants dans le coût total d’une solution décisionnelle : le nombre d’utilisateurs, bien sûr, mais aussi la taille des bases de données et l’hétérogénéité des utilisations. « Ces deux derniers facteurs se sont révélés de bons indicateurs prédictifs du coût total », explique Jean-Loup Ardouin.
L’étude met en lumière des structures de coût très différentes selon l’éditeur de logiciel choisi par les entreprises. Si les coûts de formation sont prépondérants chez les clients de Business Objects, les entreprises ayant choisi une plate-forme SAP déclarent surtout des coûts de consulting. Au final, les TCO restent relativement comparables en-dessous de 500 utilisateurs. Au-delà, des différences nettes apparaissent : les coûts des solutions Business Objects et SAP croissent de façon exponentielle, et SAS se révèle alors nettement plus compétitif.
« Ce résultat vient confirmer notre stratégie, fondée sur la robustesse de logiciels orientés serveurs, explique Marcel Lemahieu, expert décisionnel chez SAS France. En effet, nous avons développé une plate-forme évolutive en termes de fonctionnalités, capable d’accompagner les entreprises dans le déploiement de nouvelles applications décisionnelles », fait-il remarquer.
Du TCO au ROI
Parce qu’il permet d’évaluer dans le temps la totalité des coûts induits par une solution décisionnelle, le TCO est en lui-même un outil de décision pour les entreprises. Reste à évaluer les bénéfices induits par ces solutions, c’est-à-dire en calculer le ROI. Or, ces bénéfices sont parfois difficilement quantifiables. Comment en effet mesurer l’utilité d’un tableau de bord ? « Nous considérons que le temps passé par les chargés d’études à la collecte de la donnée est passé de 75 % à 25%, soit une économie de 7,5 millions d’euros redistribués dans les fonctions à valeur ajoutée, analytiques et d’aide à la décision. Ce qui montre bien que le TCO doit s’étudier dans le temps et non de manière ponctuelle". », affirme Cyrille Broilliard, Chef de projet SID (Système d’information décisionnel) de la CNAF.
Et c’est bien là le cœur du débat : dans les prochaines années, les experts prévoient une diminution de la part des coûts de matériels et de logiciels pour les entreprises, et une progression notable des coûts d’intégration et de mise en conformité des données. L’enjeu de demain est assurément celui de la maîtrise de l’information dans l’entreprise.
publié le 23/06/2006

